MarinaTex ou l’emballage en bioplastique 100% zéro déchet

Sac zéro déchet en restes de poisson
Sac zéro déchet en restes de poisson
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Retenez bien ce nom : Lucy Hughes. Cette étudiante à l’Université du Sussex, au Royaume-Unis, seulement âgée de 24 ans est l’heureuse lauréate du prestigieux concours international James Dyson. Son invention ? Un formidable bioplastique composé de restes de poissons et d’algues qui se décompose en 4 à 6 semaines.

Lucy Hughes

A qui s’adresse le concours James Dyson ?

Inutile de présenter Sir James Dyson, le célèbre inventeur de l’aspirateur du même nom. Il créa en 2004, le James Dyson Award qui est un concours international de design. Célébrant et inspirant la future génération d’étudiants et de jeunes diplômés en conception industrielle, il récompense leur ingéniosité et leur créativité. Institué par l’organisation caritative de James Dyson, reconnue d’utilité publique, il encourage davantage de jeunes à s’orienter vers l’ingénierie et le design. Ce concours annuel est ouvert à l’échelle internationale et donne l’occasion de se faire un nom en tant qu’inventeur et de gagner un prix.

Qu’est-ce que le MarinaTex ?

Lucy Hughes, la lauréate internationale, de la promotion 2019, a remporté ce prestigieux concours en présentant le MarinaTex : un emballage répondant à deux problématiques majeures : 

  1. Le plastique à usage unique
  2. Le traitement des flux de déchets inefficace

Ce nouveau bioplastique créé une alternative au plastique classique. Ce matériau translucide et flexible utilise des restes de poissons, habituellement destinés à la décharge ou à l’incinération et des algues rouges d’origine locale. Ces dernières servant de liant aux protéines extraites des déchets de poisson. MarinaTex est ainsi constitué de liens qui le rendent flexible et résistant sans égale au plastique traditionnel. De plus, sa formule unique est peu gourmande en ressources et requiert peu d’énergie car les éléments doivent être chauffés à moins de 100 degrés lors de la conception.

L’économie circulaire du MarinaTex

Un rapide constat peut être fait : 

  • A l’échelle mondiale, il est estimé que 40% des plastiques produits sont destinés à un usage unique et sont ensuite jetés.
  • En 2016, avec une population mondiale dépassant les 7 milliards d’habitants, notre production de plastique est estimé à plus de 320 millions de tonnes soit l’équivalent du poids de plus de 800 000 Tour Eiffel.
  • La plupart des bioplastiques et des plastiques compostables produits à ce jour ne sont peu ou pas adaptés aux structures de traitements de déchets existantes.

Partant de ces informations, Lucy Hughes a souhaité concevoir un produit avec un cycle de vie ne s’arrêtant pas après son utilisation par les consommateurs. Elle déclare que le cycle de vie se termine lorsque le produit et les matériaux utilisés sont éliminés. Malheureusement nombreux sont ceux difficiles voire même impossibles à éliminer en fin de vie. 

Elle privilégie donc le modèle d’économie circulaire dont l’objectif est de produire des biens (et des services) de manière durable, en limitant la consommation et les gaspillages de ressources (eau, énergie, matières premières) ainsi que la production des déchets. Pour ce faire, MarinaTex convient au compostage domestique et ne relâche pas de toxines en se décomposant après 4 à 6 semaines. Ces produits dérivés de l’industrie de la pêche contribuent à mettre fin à la boucle du flux des déchets. Ce qui est pris à la Terre revient à la terre.

Le plastique est une matériau extraordinaire et nous avons donc eu tendance à en devenir trop dépendants en tant que designers et ingénieurs. Pour moi, cela n’a aucun sens le fait que nous utilisons du plastique, un matériau incroyablement durable pour des produits dont le cycle de vie ne dépasse pas plus d’un jour. Créer MarinaTex représente pour moi une forme d’engagement en matière d’innovation et de choix de matériau en intégrant des valeurs comme la durabilité, le local et le circulaire dans le design.

Lucy Hugues

D’après Lucy, la créatrice, un cabillaud d’Atlantique pourrait apporter autant de déchets organiques nécessaires à la production de 1400 sacs en bioplastique MarinaTex.

Sac en bioplastique

L’avenir du MarinaTex

Lucy Hughes a effectué plus de 100 essais sur la cuisinière de sa chambre d’étudiante afin d’ajuster  le matériau et sa formule. Elle a finalement réussi à obtenir un bioplastique transparent, biodégradable et ainsi idéal pour des utilisations au travers d’emballages à usage unique.

Grâce au prix reçu lors du James Dyson Award, elle souhaite commercialiser son invention de manière durable et continuer ses recherches autour des solutions locales. Son ambition est de faire de MarinaTex une alternative mondiale pour répondre au problème d’abondance des déchets plastiques.

Nous lui souhaitons beaucoup de réussite et espérons vivement l’arrivée prochaine du MarinaTex sur le marché !

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