Éducation à l’environnement : vers une universalisation des programmes scolaires en la matière ?

éducation et environnement
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2025 est l’année “butoir” retenue par l’UNESCO pour rendre effective l’éducation environnementale (EE), en tant que composante essentielle et indissociable des programmes scolaires à l’échelle mondiale. Cette initiative de l’organisation onusienne est née d’un constat : les questions environnementales sont traitées de façon assez superficielle, de sorte à être largement en déphasage avec les véritables enjeux environnementaux de l’heure – dont le changement climatique, la biodiversité et le développement durable (DD).

Les préconisations de l’organisation soulignent de fait la nécessité pour ses États membres d’intégrer ces questions dans leurs curricula, afin d’asseoir (à tous les niveaux éducatifs), une véritable culture environnementale axée sur les enjeux susmentionnés.

Pourquoi faire de l’EE une composante des programmes scolaires de tous les États membres de l’UNESCO d’ici 2025 ?

À s’en tenir à la leçon tirée de 2020 (qui a été l’année la plus chaude jamais connue par l’humanité), et au vu des actions néfastes de l’homme (allant crescendo), sur l’environnement, il est indubitable que l’avenir de la planète Terre (à l’état actuel de la situation), est des plus sombres. En d’autres termes, la durabilité du mode de vie sur Terre est incertaine.

Mais quel a été jusque-là le rôle véritable du système éducatif dans la préservation de la chose environnementale ? Pourquoi ce système – sur lequel comptent pourtant tous les peuples du monde –, est loin d’être à la hauteur des résultats escomptés ?

Un examen approfondi de la question, diligenté par l’UNESCO, a fait ressortir des insuffisances en matière de prise en compte des véritables questions environnementales par les politiques et programmes éducatifs nationaux des 46 pays concernés par l’étude. Ainsi, même si 92 % desdits programmes et politiques examinés traitent des thèmes environnementaux de manière globale, il n’en demeure pas moins que certains aspects spécifiques comme le changement climatique et la biodiversité sont faiblement abordés – soit respectivement par 47 % et 19 % des documents éducatifs étudiés. L’inclusion des contenus liés aux enjeux environnementaux laisse donc beaucoup à désirer à ce sujet.

Dès lors, une véritable inclusion de ces types de contenus dans les systèmes éducatifs au niveau mondial doit être effective le plus tôt possible. Cette inclusion permettra à termes d’outiller les générations présentes et futures de véritables enjeux à travers un apprentissage tout au long de la vie. Cela fait partie des préconisations de l’UNESCO en matière de politiques environnementales au niveau mondial (en général) et de DD, en particulier.

Unesco Environnement

Que sont les préconisations de l’UNESCO en matière d’apprentissage environnemental ?

Apprendre pour notre planète : c’est le tout nouveau rapport de l’UNESCO sur les crises environnementales et le changement climatique qui inquiètent tant l’humanité. Le système éducatif, de par l’insuffisance de connaissances qu’il véhicule en matière de questions environnementales, est le premier facteur incriminé. Selon le rapport, ce système souffre d’un manque apparent de compétences non seulement socio-émotionnelles, mais aussi axées sur l’”agir”. Ce qui est loin de constituer, chez les enseignants et autres éducateurs, une réponse adéquate à l’action climatique et environnementale.

Du reste, la formation des enseignants fait abstraction des questions environnementales. C’est en tout cas l’avis d’un tiers des 1 600 enseignants et éducateurs participant à l’enquête menée en ligne en prélude à la “Conférence mondiale sur l’éducation pour le développement durable” (EDD) – tenue en ligne à Berlin (Allemagne), du 17 au 19 mai 2021.

Au cours de ladite conférence, l’enjeu de taille auquel l’UNESCO invite ses 193 États membres est de repenser ensemble les orientations à donner à l’EE dans les systèmes éducatifs nationaux de par le monde. La perte de la biodiversité, la crise climatique, les enjeux liés au DD…, sont le sujet central de ce rendez-vous international où les quelque 2 500 participants acquerront “les connaissances, les compétences, les valeurs et les attitudes nécessaires pour introduire des changements positifs et protéger l’avenir de [la] planète”.

Il s’agit, d’un point de vue stratégique, de mettre en place un nouveau cadre qui promeut l’intégration de l’EDD, afin de mieux agir et de répondre efficacement aux grands défis environnementaux grâce à la formation et à l’instruction, à tous les niveaux d’apprentissage – y compris l’action civique.

éducation à l'environnement

Quel est le véritable objectif de la Conférence mondiale organisée par l’UNESCO sur l’EDD ?

L’objectif que s’est fixé l’UNESCO (à travers ses États membres) est tout aussi nouveau que son rapport sur le contenu éducatif en matière de prise en charge de la situation environnementale au niveau mondial. Il est question de faire de l’EE “une composante essentielle des programmes scolaires dans tous les pays d’ici 2025”. Pour ce faire – l’UNESCO en est consciente et travaille déjà là-dessus avec ses pays membres –, une reforme des programmes scolaires actuels et le suivi des acquis de la mise en œuvre desdits programmes sont plus que nécessaires.

Il s’agissait pour les participants à la Conférence de se concentrer sur les moyens de faire du système éducatif mondial un véritable outil d’EDD. Celle-ci permettra d’asseoir une stratégie de responsabilisation des jeunes et des populations locales, mais surtout de renforcement des capacités des éducateurs face aux défis environnementaux. Les travaux de la Conférence mondiale sur l’EDD sont sanctionnés par l’engagement des participants en faveur d’une déclaration dite de Berlin sur l’EDD.

développement durable

L’EDD : vers une gestion durable et efficiente de la planète ?

Le monde a besoin aujourd’hui, plus que jamais, d’un équilibre environnemental parfait pour la survie de ses habitants. Il doit être, on ne peut plus, respectueux de l’environnement, qui est sujet à des crises environnementales à l’échelle mondiale.

Mais pour passer de cette situation de mal-être environnemental à celle d’un monde plus équitable, la planète a besoin d’une transition et d’un changement progressif, certes, mais radical : le DD. Mais de quoi s’agit-il concrètement ?

Le développement durable peut être littéralement défini comme étant une optimisation de la situation globale d’une entité, une optimisation qui se veut durable, pérenne et stable à tous les niveaux de l’existence. Il s’agit d’un modèle organisationnel et sociétal pensé pour le besoin d’une gestion rationnelle des ressources naturelles afin que celles-ci soient profitables aux générations présentes et futures.

Le DD repose principalement sur 3 piliers qui se traduisent par la qualité environnementale, l’équité sociale et l’efficacité économique. Pour consolider ces piliers, certains principes fondamentaux doivent être respectés.

Primo, la solidarité en matière d’accès aux ressources doit exister entre les pays, entre les générations et entre tous types d’entités et d’organisations. Secundo, les mesures et autres décisions doivent être prises avec la plus grande précaution de manière à minimiser les risques environnementaux. Tertio, la participation de chaque membre de la société est requise afin de diversifier les compétences susceptibles de rendre durables les projets environnementaux présents et futurs. Et quarto, la responsabilité de toutes les composantes de la communauté, indépendamment de leur statut social, de leur profession…, doit être engagée de manière équitable.

Sauf qu’avec l’activité – directe ou indirecte – de près de 8 milliards d’êtres humains sur la nature, il va sans dire que l’avenir de la planète est en danger. En effet, le monde vit actuellement la pire période de son existence du fait de la mauvaise répartition de ses ressources. Cette répartition inéquitable va avec son lot d’inégalités en matière d’accès aux ressources naturelles, entre autres.

Cette situation, couplée à d’autres facteurs, est complètement en inéquation avec les efforts de la population mondiale en matière de lutte contre le changement climatique et de préservation de la biodiversité. Une mobilisation générale est alors indispensable pour une vie durable – par le biais bien entendu de la préservation de la planète et de ses ressources. Le monde a en effet besoin d’un nouveau souffle, d’un nouveau modèle de vie respectueux de la chose environnementale et de l’Homme.

Cependant, cette transition vers un monde meilleur qu’est le DD ne peut être possible sans l’implication du système éducatif. L’EDD doit dès lors faire partie intégrante de l’EE et permettre aux différents acteurs engagés d’acquérir les valeurs, les compétences et les connaissances nécessaires à l’apprentissage et à une action d’ensemble en faveur de la planète.

L’”agir” pour la planète passe donc nécessairement par le biais de l’enseignement, de la formation, de l’apprentissage…, certes. Mais l’UNESCO arrivera-t-elle – à travers la Conférence mondiale sur l’EDD de mai 2021 –, à inclure durablement l’EE en tant que composante fondamentale des programmes éducatifs mondiaux d’ici 2025 ? Ou, plutôt, cette inclusion des contenus éducatifs liés aux questions environnementales aura-t-elle durablement raison sur les activités imprévisibles de l’Homme au niveau local, en particulier, et à l’échelle mondiale, en général ? Seul l’avenir le dira.

Préparer l’avenir de l’éducation au développement durable

En juillet 2018, plus de 270 participants de 116 États membres et membres associés de l’UNESCO s’étaient réunis à Bangkok, en Thaïlande, pour discuter de la future stratégie que les gouvernements et l’UNESCO devraient adopter pour promouvoir l’éducation au développement durable (EDD).

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